Le plogging : la course aux déchets [Action]

Un reportage de Louis-Michel Lelièvre et Olivier Frégeau

Né en Scandinavie et très populaire en Europe, le plogging gagne tranquillement de plus en plus d’adeptes au Québec. Pour en savoir davantage sur cette pratique qui allie activité physique et protection de l’environnement, Environnement Parlant est allé courir pour vous.

Stéphanie Dufresne, administratrice du groupe Facebook « Plogging Québec – Détritrotte » et adepte du plogging insiste sur le fait que cette activité n’est pas uniquement réservée aux coureurs. « Parfois, des petits déchets comme des mégots de cigarettes par exemple peuvent être plus difficiles à ramasser lors d’une course, c’est pourquoi les marcheurs peuvent également faire partie de l’entourage du plogging », explique madame Dufresne.

D’ailleurs, en septembre 2019, un groupe d’étudiants du cégep de Limoilou ont organisé une grande course aux déchets dans les rues de la Basse-Ville de Québec. Misant sur la présence de nombreux déchets accumulés au cours de la saison touristique qui arrivait à sa fin, les organisateurs ont invité marcheurs et coureurs à venir retirer tous les déchets qu’ils pouvaient trouver sur les trottoirs et dans les rues de Québec pour refaire une beauté au paysage de la Basse-Ville.

Outre les impacts du tourisme, la fonte des neiges amène son lot de déchets comme l’explique Stéphanie Dufresne. En effet, dans les grands centres comme Québec ou Montréal, une quantité importante de déchets se retrouvent dans les rues au début du printemps : les adeptes de plogging se font un plaisir de les ramasser déchets lors de leurs premières courses extérieures de la saison.

Dans les régions rurales, la fonte des neiges arrive parfois plus tard dans la saison. Par ailleurs, les déchets se retrouvent parfois dans le fond des fossés et non directement au bord de la route. Madame Dufresne encourage toutefois les gens de partout à refaire une beauté aux routes et aux sentiers de leur municipalité, en y ajoutant une portion d’activité physique.

« C’est une double motivation, en plus de faire de l’activité physique, on voit notre sac de déchets se remplir et on se rend compte qu’on peut vraiment faire une différence. C’est bon pour le corps et pour l’esprit », remarque Stéphanie Dufresne.

Par contre, pour que le plogging gagne en popularité, il faut que des personnes ou des groupes prennent le temps d’organiser de grands rassemblements, ce qui n’est pas toujours chose facile, explique Madame Dufresne. En plus des initiatives individuelles ou des courses organisées par des médias, des municipalités ou des organismes, certains clubs de course ou de marche organisent parfois des activités de plogging. Ce sont bien souvent ces clubs qui attirent le plus de coureurs ou de marcheurs lors des rassemblements pour le plogging.

Certaines municipalités mettent des bacs à proximité des plages pour permettre aux citoyens d’y jeter les déchets ramassés lors de leur promenade. (Crédit photo : Louis-Michel Lelièvre)

Curieusement, même si le plogging semble croître en popularité chaque année, Stéphanie Dufresne avoue qu’il y a toujours de plus en plus de déchets dans les rues. Elle croit donc que cette pratique doit continuer de prendre de l’expansion aux quatre coins du Québec pour freiner le problème de pollution dans les rues.

Parmi les déchets qui sont les plus souvent ramassés par les « ploggeurs », Madame Dufresne cite les verres de carton utilisés par les chaînes de restauration rapide, mais aussi des mégots de cigarette, des pailles et des cannettes vides. D’ailleurs, lorsqu’il y a des articles recyclables dans la récolte, un tri est fait pour s’assurer de ne pas les jeter aux poubelles.

À titre d’exemple, lors des plus grosses récoltes du début du printemps, seulement quelques mètres de parcours suffisent pour remplir un gros sac à poubelle, ajoute la ploggueuse. Même si le plaisir du plogging est de faire de grosses récoltes, elle espère qu’au fil du temps, son sac se rempliera de moins en moins rapidement, ce qui sera signe d’une baisse de la pollution dans les rues.

Louis-Michel Lelièvre

Finissant au baccalauréat en communication publique dans le profil journalisme à l’Université Laval. Passionné de sport, je tente d'ajouter une petite touche sportive à la couverture de l'environnement.