New Kear’s : Des déchets de plastiques transformés en maillots de bain [Action]

Par Anne-Frédérique Tremblay et Louis-Michel Lelièvre

La compagnie de vêtements New Kear’s a été fondée au printemps 2019 par Rose Guillemette. La particularité de New Kear’s est que tous les vêtements et accessoires sont fabriqués à partir de plastiques recyclés. Créer des collections de vêtements tout en faisant des gestes pour l’environnement, telle était la mission que s’était donnée la fondatrice de la compagnie.

C’est lors d’un voyage humanitaire au Guatémala il déjà six ans que Rose Guillemette a pris conscience de l’envergure de la pollution dans le monde. La fondatrice de la compagnie New Kear’s, une compagnie de vêtements qui fabrique et propose notamment des maillots de bains faits à partir de matériaux recyclés, a refait le même constat lors d’un deuxième voyage humanitaire, cette fois à Haïti.

Cette question lui est restée en tête très longtemps. Si bien, qu’à son entrée au Collège Notre-Dame-de-Foy dans le programme de Commercialisation de la mode, elle a eu une idée pour concilier sa passion pour la mode et son désir de poser des gestes concrets pour diminuer la pollution dans le monde.  

« Dès mes premiers cours, on apprenait la fabrication du polyester et je me demandais pourquoi on ne fabriquait pas encore ce polyester à partir de matériaux recyclés. C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée d’une compagnie de vêtements, mais j’étais jeune, et je n’étais pas encore prête à me lancer en affaire », Rose Guillemette.

D’après les explications de Rose Guillemette, la majorité des vêtements sont en effet fabriqués à partir de polyester, une matière issue du pétrole transformé en plastique, qui est ensuite filé pour créer le tissu utilisé pour la fabrication des vêtements. L’idée de la jeune entrepreneure était donc d’utiliser du plastique recyclé.

« Je ne voulais pas faire des vêtements juste pour faire des vêtements, je voulais faire une différence », s’exclame Rose Guillemette. (Crédit photo: Anne-Frédérique Tremblay)

Vanessa Mardirossian, designer textile et enseignante à l’école supérieure de mode de l’UQAM, abonde dans le même sens. Pour elle, l’utilisation de plastique recyclé est une excellente alternative dans la confection de vêtements ayant une plus faible empreinte écologique.

New Kear’s : un vent de fraîcheur

C’est donc en 2019, qu’elle a commencé les démarches pour démarrer son entreprise. La tâche n’était pas simple au départ puisqu’elle devait trouver des fournisseurs qui effectuent la transformation des copeaux de plastique recyclé en tissu. Ces fournisseurs sont plus nombreux aujourd’hui, mais ils étaient très rares lors du démarrage de New Kear’s, explique l’entrepreneure. Puisque certains fournisseurs sont basés au Québec, Guillemette a ajouté une branche locale à sa compagnie, ce qui diminue également la pollution causée par le transport.

Puisqu’elle ne produit pas en énormes quantités, les coûts de production sont plus élevés que chez les grandes compagnies. Rose Guillemette doit ainsi commander des tissus en plus petite quantité pour ne pas se retrouver avec un sous-sol rempli de tissus inutilisés et de vêtements non vendus.

« Je suis fière d’être une des premières compagnies au Québec à produire des vêtements recyclés et j’espère aussi pouvoir continuer à grossir », Rose Guillemette, la fondatrice de New Kear’s.

En plus des maillots de bain, New Kear’s offre d’autres vêtements et accessoires comme des casquettes, des manteaux et des sandales. Même si elle veut continuer une plus grande diversité de produits, Rose Guillemette sait qu’elle doit d’abord et avant tout se concentrer sur les maillots pour assurer une qualité à son produit.

Depuis les débuts de New Kear’s au printemps 2019, ce sont près de 20 000 bouteilles d’eau qui ont été recyclées et transformées en vêtements de toutes sortes estime madame Guillemette. Elle a aussi eu recours à d’autres types de plastiques recyclés comme les filets de pêche ou des morceaux de tapis usagers. En plus de vendre ses maillots partout au Québec grâce à sa boutique en ligne, Rose Guillemette a expédié plusieurs commandes en direction des États-Unis, de la France, de l’Angleterre et de la Suisse.

L’industrie du textile est en renouvellement dans le but de diminuer ses impacts sur la planète. D’ailleurs, Vanessa Mardirossian félicite ce type d’iniciatives. Elle amène également un autre aspect de confection écologique qui devrait être fait par l’ensemble des compagnies de vêtement selon elle : utiliser les retailles de tissus pour fabriquer d’autres vêtements ou des accessoires afin de limiter le gaspillage.

Combiner publicités, Instagram et environnement

Comme plusieurs autres entreprises, petites ou grandes, New Kear’s est extrêmement présent sur les réseaux sociaux comme Instagram. Avec plus de 20 000 abonnés sur Instagram, Rose Guillemette publie du contenu promotionnel tous les jours, comme des photos de personnalités ses vêtements, ou encore des concours et des annonces sur les collections à venir. 

« Ça aide beaucoup d’avoir une grande présence sur Instagram. Les concours aident aussi énormément à être plus connue grâce au partage des photos. Mais c’est surtout les influenceurs qui amènent une grande visibilité », admet Rose Guillemette.

Depuis sa création, la fondatrice de New Kear’s est entrée en contact avec plusieurs influenceurs au travers le Québec. Celle-ci précise que les premiers contacts ont commencé un an avant le début officiel de la compagnie. Les influenceurs ont comme mission de publier des photos sur leur Instagram portant un maillot de bain de la collection New Kear’s. De cette façon, les publications permettent aux abonnés de découvrir les maillots de bain écologiques de madame Guillemette.

Megan Imbeault, une mannequin affiliée à New Kear’s, compte, elle plus de 14 500 abonnés sur Instagram. Le public cible d’Imbeault et celui de New Kear’s sont essentiellement les mêmes et c’est ce lien qui a d’abord amené l’alliance entre les deux femmes.

Megan Imbeault ne voulait pas faire de la simple publicité pour un produit sur les réseaux sociaux et s’est dit séduire par le caractère écologique de New Kear’s.

« Plusieurs personnes croient que puisque les maillots sont faits à partir de matériaux recyclés, ils seront de moins bonne qualité, mais ce n’est vraiment pas le cas. Le tissu semble même plus résistant et la qualité est excellente », indique Megan Imbeault, au sujet des maillots de bain de New Kear’s.

Rose Guillemette et Megan Imbeault espèrent qu’avec la crise environnementale, les compagnies comme New Kear’s seront plus populaires et les consommateurs seront plus enclins à payer un peu plus cher pour faire un geste pour l’environnement en magasinant.

Louis-Michel Lelièvre

Finissant au baccalauréat en communication publique dans le profil journalisme à l’Université Laval. Passionné de sport, je tente d'ajouter une petite touche sportive à la couverture de l'environnement.