On démystifie l’environnement : Quizz [Vérification]

Un texte de Olivier Frégeau et Isaure Patat.

De nombreux mythes, idées reçues, demi-vérités circulent autour de l’environnement et viennent parfois polluer le débat citoyen. Nous souhaitons remettre les pendules à l’heure sur plusieurs mythes environnementaux encore véhiculés aujourd’hui.

Pour cela, Environnement Parlant a fait le point avec Rosa Galvez, sénatrice du Québec et l’une des plus grandes expertes au Canada au sujet du contrôle de la pollution et de ses effets sur la santé humaine. Nous vous proposons de tester vos connaissances en répondant au quiz ci-dessous. Les explications détaillées pour chacune des réponses sont disponibles à la fin de cet article.

Mythe #1. « Le capitalisme n’a pas d’impact sur l’environnement. »

Faux. Le capitalisme entraîne inévitablement la destruction de l’environnement, explique la Sénatrice Galvez. Les gens pensent que l’on peut produire comme on produit actuellement à outrance sans qu’il n’y ait détérioration de la vie normale, mais c’est faux. Le capitalisme semble véhiculer la croissance infinie alors que, sur Terre, nos ressources sont finies. Face à cette incohérence, Mme Galvez pense que notre modèle économique doit changer, afin de promouvoir une croissance soutenable, durable et responsable ainsi qu’une industrie propre, et non pas compter sur une croissance infinie.

Mythe #2. « Les véhicules électriques et hybrides sont plus écologiques que les véhicules à essence. »

Faux. Les véhicules électriques et hybrides ne sont pas aussi écologiques qu’on le pense, en raison de leur coût de production, qui est très élevé et qui demande beaucoup d’énergie. Une voiture électrique comporte beaucoup moins de pièces qu’une voiture « traditionnelle ». En effet, on passe de 1000 pièces composantes pour une voiture fonctionnant avec essence à 20 pièces pour une voiture électrique, ce qui donne un grand avantage à cette dernière. C’est plutôt la question de la batterie qui peut être problématique pour une voiture électrique. Sa durée de vie et l’énergie qu’elle consomme sont des facteurs qui peuvent influencer son coût de production. L’industrie extractive est aussi un facteur à considérer. Celle-ci doit répondre à des standards environnementaux afin de réduire son empreinte écologique. Elle doit aussi répondre à des standards en ressources humaines. En effet, elle se doit tout faire pour éviter les contaminations dans les mines et afin d’apporter de meilleures conditions de travail, comme de meilleurs salaires, aux personnes qui travaillent dans ces endroits.  Ainsi, les véhicules électriques et hybrides ne sont pas aussi écologiques qu’on le pense, car la batterie peut être un facteur très polluant.

Mythe #3. « L’air est plus pollué en été qu’en hiver. »

Faux. Selon Mme Galvez, l’été n’a pas d’impact sur la qualité de l’air. En été, l’eau s’évapore énormément à cause de la chaleur, ce qui produit de l’humidité. Les gens confondent alors souvent l’humidité avec le smog ou la grisaille observables dans le ciel. Ce phénomène dépend de la proximité avec une source d’humidité (océan, rivière, lac, etc.) et de la présence ou non de vent : moins il y a de vent, plus cela va entraîner une concentration des particules en suspension dans l’air. Si l’on se situe dans un coin où il n’y a pas d’humidité, ni de vent, il n’y aura pas de plus forte probabilité de pollution de l’air due à la concentration des particules.

Mythe #4. « Nous sommes en urgence climatique. »

Vrai. Actuellement, on parle en effet de crise climatique parce que le nombre de gens qui subissent les effets des changements climatiques est très important. On parle ici de millions de personnes qui meurent ou qui sont en grande situation de vulnérabilité en raison de la détérioration du climat, explique la Sénatrice Galvez. Par exemple, l’élévation du niveau des océans fait en sorte qu’il y a plus d’inondations qu’auparavant, ce qui affecte de nombreuses personnes : d’après l’Union internationale pour le conservation de la nature (UICN), plus de 60% de la population mondiale vit dans la grande zone cotière.

Aussi, plusieurs espèces animales envahissantes migrent vers le nord, et transmettent des maladies, parce que les conditions climatiques y sont maintenant propices à leur développement et à leur reproduction. De plus, les feux de forêt et les tornades sont aussi des phénomènes qui se multiplient face aux changements climatiques et qui causent de nombreuses pertes, autant physiques que matérielles. Mme Galvez mentionne qu’en 2017, le Canada a connu les dix événements climatiques les plus extrêmes de son histoire, et ce, en une seule et même année.

Mythe #5. « Les éboueurs ne tiennent pas compte du tri effectué par les habitants et les matières recyclables finissent à la poubelle. »

Vrai. Il y a peu de temps, c’était encore les pays asiatiques comme la Chine, la Thaïlande et l’Indonésie qui achetaient le plastique en vue de le recycler. Vu que ce n’est plus le cas aujourd’hui, il y a encore plus de matières recyclables à trier localement qu’auparavant, vu que les pays asiatiques n’achètent plus de plastique. Il y en a tellement que les centres de tri du Québec et du Canada ne savent plus quoi en faire. Le recyclage des matières par les centres de tri est encore présent, dans une moins grande proportion qu’avant, en raison de l’accumulation des matières recyclables.

Mythe #6. « Le recyclage demande tellement d’énergie qu’il n’est pas aussi efficace qu’on le prétend. »

Faux. Le recyclage peut être efficace, mais la collaboration des citoyens est essentielle pour réduire à la source les énergies nécessaires à la transformation des matières précise Mme Galvez. Pour cela, les citoyens devraient respecter trois choses selon elle. La première est de diminuer chacun et chacune sa consommation et réduire ses déchets : c’est ce qu’on appelle la réduction de la source. Le deuxième élément est la réutilisation : les citoyens doivent prolonger la vie de certains biens, en encourageant par exemple leur partage avec d’autres et en leur redonnant une deuxième vie. Le troisième élément est le recyclage à proprement parler : c’est à ce moment-là qu’il y a un processus de transport, de tri et de transformation des matières, qui consomme beaucoup d’énergie. Cependant, en respectant les deux premiers éléments, on peut réduire la production d’énergie causée par le recyclage.

Isaure Patat

Finissante au Baccalauréat en Communication publique, concentration journalisme. Rêve de voyager, d’apprendre sur le monde et ses cultures, tout en travaillant. Aimerait travailler pour les communications d'une organisation de coopération et de solidarité internationale à but non lucratif. Isaure Patat possède les nationalités française, canadienne et italienne.