Un an après le LPU : des étudiants encore partagés [Vérification]

En janvier 2020, l’Université Laval et ses partenaires ont dévoilé les premiers résultats du laissez-passer universitaire lancé en septembre 2019: depuis le lancement du programme, 1,7 million de déplacements ont été effectués au sein du réseau et que le nombre de vignettes de stationnement vendues aux étudiants a baissé. Quelle est la situation presque un an plus tard ? Environnement parlant a sondé informellement les étudiants sur la page Facebook « Spotted Université Laval » pour prendre le pouls.

Principal constat de ce sondage informel : les avis sont encore partagés et le débat continue à être polarisant. La moitié des personnes qui se sont prononcées se disent ravies de l’arrivée de ce service. Certains ont même délaissé leur voiture pour utiliser le transport en commun à la place. D’autres l’utilisaient déjà, mais ont été heureux de voir le tarif diminuer de presque de moitié : en effet, pour l’automne 2019, le LPU coûtait 120,60 $ pour la session comparativement à 239,20 $ la session précédente avec l’achat d’une passe mensuelle pour les étudiants de 19 ans et plus (ou 433 $ pour la passe métropolitaine qui inclut le réseau de la Rive-Sud).

À l’opposé, l’autre moitié des répondants ne se sentent pas concernés par cette initiative. D’une part, des étudiants habitant en dehors de la région de Québec déplorent de devoir être obligés de payer le LPU pour un service d’autobus qui est insuffisant dans leur secteur. D’autres ne se sentent tout simplement pas concernés.

Enfin, une minorité de répondants a une opinion mitigée : ceux-ci se disent conscients de l’avantage que le LPU apporte, mais n’estiment pas en avoir personnellement besoin. Certains sont même prêts à contribuer un minimum pour permettre à d’autres étudiants qui en auraient besoin d’utiliser le service. Contrairement aux personnes qui s’y opposent fermement, ces étudiants sont conscients des avantages et des désavantages et comparent leur situation avec celle des autres.

Une offre de service parfois insuffisante

Madame Ariane Bélanger-Gravel, professeure au département d’information et de communication, signale qu« il n’y a pas que la barrière du prix dans le transport collectif, il y a aussi la question du service. Au niveau du transport collectif, dans la région de Québec, nous sommes desservis que par des autobus et dépendamment où on est sur le territoire. Si on habite près de l’Université ou dans tout autre quartier central, ça va être probablement beaucoup plus facile et intéressant pour les étudiants ».

Plusieurs commentaires reviennent d’ailleurs sur la difficulté d’avoir un service de transport collectif efficace dans certains secteurs. Les personnes vivant dans les secteurs de Val-Bélair, Portneuf, Stoneham ou d’autres secteurs qui ne sont pas ou mal desservis par le RTC ou la STLévis doivent donc payer le LPU sans pouvoir l’utiliser depuis leur domicile.

La présidente de la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), Laurence Vaillancourt et le président de l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AÉLIÉS), monsieur Nicolas Pouliot sont d’avis que c’est la grosse lacune du LPU et que c’est au RTC d’augmenter les services offerts sur le territoire.

D’ailleurs, le président de l’AÉLIÉS ajoute qu’une modification a été faite récemment. Les doctorants de certains programmes installés à l’extérieur de Québec ont maintenant droit de faire retirer le LPU de leur facture scolaire.

Monsieur Pouliot ajoute que « la première année d’implantation du LPU a permis aux transporteurs d’observer la réponse sur le terrain et de mieux comprendre ce qui devra être amélioré au cours des prochaines années. Ça devra faire l’objet d’un suivi serré de la part des associations étudiantes ».

Faire changer le rapport à l’automobile

Métrobus du Réseau de transport de la capitale à Québec
Du 1er septembre 2019 et le 31 décembre 2019, 1 600 000 déplacements ont été faits à bord des autobus du RTC.. (Crédit photo : Tony Webster, Creative Commons)

Depuis la mise en place du LPU, certains étudiants rapportent qu’ils ont abandonné la voiture pour utiliser davantage l’autobus, ce qui était le but premier de cette initiative. L’objectif était justement d’inciter davantage d’étudiants à changer leurs habitudes pour se rendre à l’Université Laval : dans leur mémoire, la CADEUL et l’AÉLÉS soulignaient que cette initiative s’inscrit « dans une perspective de développement durable et de lutte aux changements climatiques ».

Toutefois, parmi ceux qui se sont exprimés dans notre appel à témoignage, on remarque qu’une dizaine d’étudiants seulement ont fait ce changement. Ces chiffres doivent être nuancés : en effet, le nombre de vignettes de stationnement sur le campus vendues à des étudiants a diminué de 21 % depuis septembre dernier, ce qui est applaudi par l’Université Laval et ses partenaires. Pour Madame Bélanger-Gravel, cela tient d’abord au fait que certains changements prennent du temps : « Le transport est un domaine où le changement de comportements est le plus difficile parce que le transport en voiture est tellement facilitant contrairement au transport collectif ou au transport actif ».

Ana Rosa Dallaire Gagnon

Étudiante en au certificat en journalisme, elle est aussi détentrice d'un Baccalauréat en langue française et rédaction professionnelle. Passionnée par la langue, elle aime informer la population sur divers sujets dont l'environnement. Maman d'un petit garçon, elle s'intéresse particulièrement à l'éducation à l'environnement et aux mesures prises pour inciter les changements auprès des jeunes et moins jeunes.